Prenez un tonkatsu parfaitement frit, posez-le sur un lit de riz fumant et versez une sauce curry japonaise épaisse et brillante sur la moitié. Voilà le katsu curry : un plat qui réunit deux des comfort foods les plus aimés du Japon en quelque chose de supérieur à la somme de ses parties. C'est l'un des plats japonais les plus recherchés dans le monde, et ce n'est pas un hasard.
Le katsu curry, c'est quoi exactement ?
Le katsu curry (カツカレー) est le mariage de deux piliers de la cuisine japonaise : le tonkatsu (côtelette de porc panée au panko et frite) et le curry japonais (karē raisu, カレーライス). Le plat est servi sur une assiette unique ou un plateau : le riz d'un côté, le tonkatsu tranché posé dessus ou à côté, et la sauce curry versée généreusement sur la côtelette pour que la croûte de panko en absorbe une partie pendant que le dessus reste croustillant.
Le résultat est une conversation de textures : panko croustillant, porc tendre, curry velouté et lisse, riz moelleux. Chaque bouchée peut combiner les quatre, ou vous pouvez alterner entre la partie croustillante et le côté imbibé de sauce pour le contraste.
Origines : une invention très japonaise
Le curry japonais lui-même est arrivé au Japon via la marine britannique à la fin du XIXe siècle, pendant l'ère Meiji. Les Japonais l'ont adapté radicalement : ils l'ont épaissi en un roux lisse, adouci avec de la pomme râpée et du miel, et atténué le niveau de piment. Dès le début du XXe siècle, le curry rice était un incontournable de la cuisine familiale japonaise et des cantines militaires.
Le moment exact où quelqu'un a posé un tonkatsu sur du curry rice est discuté, mais on l'attribue généralement à un client d'un restaurant yoshokude Tokyo dans les années 1940 ou 1950 qui a simplement demandé les deux sur la même assiette. La combinaison était si naturelle et satisfaisante qu'elle s'est répandue rapidement. Aujourd'hui, le katsu curry est servi partout au Japon, des chaînes comme CoCo Ichibanya (qui vend plus de 100 millions de portions par an) aux grandes maisons de tonkatsu.
Curry japonais vs curry indien et thaïlandais
Le curry japonais est fondamentalement différent de ses cousins indien et thaïlandais. Là où le curry indien repose sur des pâtes d'épices fraîches et le curry thaïlandais sur le lait de coco et le piment, le curry japonais s'appuie sur un roux cuit (farine et matière grasse dorées avec de la poudre de curry) qui produit une sauce épaisse, brillante, avec une chaleur douce plutôt qu'agressive.
La base standard du curry japonais comprend des oignons (cuits lentement jusqu'à une caramélisation profonde), des carottes, des pommes de terre et un bloc de roux commercial ou maison. Beaucoup de recettes ajoutent de la pomme râpée pour la douceur, de la sauce soja pour la profondeur umami, et une touche de miel. Le résultat est doux, aromatique, légèrement sucré et profondément réconfortant. Les enfants japonais en mangent toutes les semaines. C'est au Japon ce que le gratin dauphinois est à la France.
L'anatomie d'un bon katsu curry

Le tonkatsu
Un bon katsu curry commence par un bon tonkatsu. La côtelette doit être frite à la commande, avec une croûte de panko dorée et croustillante et un intérieur juteux. Hire katsu et rosu katsu fonctionnent tous les deux. Le rosu est plus traditionnel pour le katsu curry, car son persillage tient bien face à la sauce riche.
La sauce curry
La sauce doit être assez épaisse pour napper le dos d'une cuillère mais assez fluide pour se répandre autour du riz. Le goût doit être en couches : épices douces, douceur fruitée, profondeur umami. Un bon roux de curry nécessite des heures de cuisson lente, tout comme une bonne sauce tonkatsu.
Le riz compte aussi. Le riz japonais à grain court, cuit à la vapeur et légèrement collant, est le seul choix approprié. Il absorbe le curry sans se dissoudre et offre une base neutre qui laisse les saveurs du curry et du tonkatsu briller. Les garnitures classiques incluent le fukujinzuke (légumes marinés rouges) ou le rakkyo (échalotes marinées), qui coupent la richesse avec acidité et croquant.
Comment reconnaître un bon katsu curry
Le tonkatsu doit être tranché et visiblement frais, pas pré-frit et réchauffé. Cherchez un contraste de couleur net : panko doré sur le dessus, curry brillant et sombre sur le côté. Le curry doit paraître lisse et homogène, pas granuleux ni cassé. Si le restaurant fait son propre roux de curry plutôt que d'utiliser des blocs commerciaux, c'est un signal fort de qualité.
Un signe d'alerte : si le tonkatsu est entièrement noyé dans le curry sans surface croustillante visible, la cuisine a probablement frit la côtelette à l'avance et utilise la sauce pour masquer un panko ramolli. Un bon katsu curry vous montre toujours les deux textures.
Katsu curry vs katsudon : deux façons de sublimer le tonkatsu
Le katsudon et le katsu curry prennent la même base (tonkatsu + riz) dans des directions complètement différentes. Le katsudon mijote la côtelette dans un bouillon dashi avec œuf et oignon, la rendant moelleuse, savoureuse, presque potage. Le katsu curry garde la côtelette croustillante et l'associe à une sauce épaisse et épicée. Le katsudon est subtil et délicat; le katsu curry est audacieux et enveloppant. Les deux sont essentiels au répertoire du tonkatsu.
Le katsu curry chez TontonKatsu
Quand TontonKatsu ouvrira, le katsu curry sera à la carte. Notre approche : un roux de curry maison, mijoté longuement avec des oignons, de la pomme et un mélange d'épices développé pour l'équilibre plutôt que le piquant. Versé sur une côtelette fraîchement frite avec notre panko du jour, servi avec du riz correctement cuit à la vapeur et du fukujinzuke mariné maison. Le genre de katsu curry dont on rêve un jour de pluie, ou n'importe quel jour.
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